ep On n'est jamais beau tout seul plus d'un instant 2004

les masques tomberont
on n'est jamais beau...
les marmots
l'araignée
lacrima del viaje
les épiciers
on est tout petit

 
ep faiblesse et vanité  2005

les orgies silencieuses
les spirales
les petites ficelles
le p’tit costume
les écuelles en bois

 


textes de Robert Spline

musiques de Spline et la mauvaise herbe

 

 

 

 

 

 

les masques tomberont

(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)

Les perruques des nobles gens
cachent les yeux du monde,
mais font figure en société
car il faut plaire pour rejoindre la ronde
celle des gens bien éduqués
Bien éduqués.

Et les mailles du grand tissu économique
Qui se resserrent sur ton cou
C'est eux qui tirent et toi
Toi tu paniques
En regardant d'en dessous

Et ils s'habillent d'arrogance, de mensonge et de vanité
Ceux qui portent avec élégance le masque de la volupté
Mais un jour les masques tomberont

 

 

 

Oh cette plante volubile
Qui bouffe son hôte avec mépris
Parade en belle automobile sur les chemins de la folie
Et tous les autres auront perdu
Dans la grande course au pognon
L'arbitre a fini pendu pour avoir eu de la compassion
de la compassion

Et psychose décadente d'un monde en liesse
Mais on leur donne raison
Car l'air de tirer sur la laisse
Sonne le glas des transactions

Car quand arrivera la grande faucheuse,
Nous on aura de quoi passer l'hiver
Mais eux pour souffler la veilleuse
Seront toujours nus comme un vers
Nus comme un vers

 

 

 

 

 

 

 

 

on n'est jamais beau tout seul plus d'un instant

(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)

 

Et tombent et tombent et tombent les révolutionnaires
il faut produire du mouton
On conditionne jusqu'à notre air
en nous faisant bouffer du feuilleton.

Et tous ces tarés qui mourraient plutôt que de baisser leurs étendards
Peuple croulant sous ses méfaits qui préfère vivre comme les cafards
De toute façon je ne sais plus lire je regarde plus que les images des mots
Tous les héros finissent par mourir d'un coup de pognon d'un coup dans le dos

Vivez vos vies dans des cachots ne sortez pas il y a la guerre,
il faut bien tailler des barrières les mots de faim... grouillent sans troupeau
Mais tout ça n'est qu'une nature morte ils nous l'ont dit à la télé
Dans les nouvelles qu'on nous rapporte
De nos pillards civilisés

Un troupeau de polichinelles activés avec frénésie
Sémaphores du Père Noël et des fleurons de la patrie
Amoureux par intérim et intermittents du cardiaque
Moi j'avance entre les mines
et en trois temps... mon coeur claque
et en trois temps mon coeur claque.

 

 

 

 

Ecorchés de rouge à lèvre
Aveuglés par l'ambition
Arrachés par la fièvre
Et toxicos du bifton
Hypocrites-et-condriaques
du grand marché à la viande
Les gros plans les petites arnaques
Ca fait vivre de Cassis jusqu'en Flandres

Et puis un jour y'a ces deux-la
Qui se tiennent la main maladroitement
Elle elle est moche lui il est gras
Ils ont fait rire tous les braves gens
Leur révolution à eux deux
C'est d'être un jour devenus beaux
Ils étaient personne ils sont heureux
A respirer sans ego
Ils étaient des sourds-muets ils étaient trois petits points
A accepter d'être laids ils sont devenus quelqu'un
Quelqu'un, quelqu'un, quelqu'un, trois petits points

 

 

 

 

Les marmots

(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)

 

Entendre le bruit de la ville,
qui gratte au fond d'un bois
Et la lune qui scintille,
rouge des nuées d'ici bas

Comme une larme sur le visage du monde
Comme une clope qui te brûle le bout des doigts
Comme un matin tremblant sous l'onde
Comme une blessure qui ne refermera pas

Des marmots qui dessinent, dessinent,
dessinent des avions, des soldats

Des soldats qui déciment, déciment,
déciment les rêves d'ici bas

La haine et le feu qui grondent
Pour se protéger d'en bas
Comme la douceur de l'immonde
Comme la chaleur de l'effroi

 

Et le divin capital
qui vient cautériser
les derniers recoins sales,
tachés d'humanité

Et le divin capital
qui vient cautériser
les derniers recoins sales,
tachés d'humanité

Car elle est fière la grande maladie occidentale
quand elle s'en va vomir sa graisse et son pognon
ça vend du vice, du béton, de la grisaille
Pour alimenter jour à jour...
Le feu des canons

Des marmots qui dessinent, dessinent,
dessinent des avions, des soldats

Des soldats qui déciment, déciment,
déciment les rêves d'ici bas

 

 

 

 

 

L'araignée

(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)

 

Le soleil enfin levé,
l'araignée
que j'ai au plafond
se remet à me porter la poisse

J'allume un clope,
une enveloppe,
je pense comme un con
et revoilà,
revoilà l'angoisse

Quand tu penses qu'il y a des gens
qui ne pensent pas ou même qui pensent
qu'on peut penser devant la télé
en bouffant la décadence

Etouffés, tous gavés de l'impudeur
de quelques marchands d'horreur,
qui pour tout, sur tout n'ont qu'un avis,
celui de la tune et puis de la tyrannie

que meurent encore en Palestine
des enfants qui jettent des pierres,
qu'ont pas fait la bonne prière

On a jeté l'amour à une meute de chiens affamés,
la liberté est morte sous la plume d'un boucher
mais bien sur tout ça ne se voit pas,
l'imbécile comme l'apôtre ne regardent que le doigt

Et puis que faire de la guerre,
des tueries de la misère,
des curés ventripotents
qui aimaient bien les petits enfants

Quand tu penses,
Que ces gens là
Ils sont pas plus mal que toi,
Qu'ils sont même plutôt mieux
parce qu'ils pensent
qu'ils sont heureux

Quand tu penses qu'ils écoutent,
sans seulement que leurs coeurs doutent,
De petites bossa glacées,
sans se sentir concernés.

 

 

 

 

 

 

Lacrima del viaje

(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)

 

A guetter patiemment
L'écroulement imminent
Du délicat décor
Entre tes doigts la page
Qui ne sait pas s'il est sage
que tu la tournes encore
A plus trop bien savoir
où commence le nuage
et où finit la fumée
Les démons les scandales
La jungle qui s'installe
Lacrima del viaje

Si la folie est là je tombe,
si mon coeur sombre je suis noyé
Les facéties des autres mondes
Lacrima del viaje

Fallait-il croire à ton présage
La lune menteuse aurait dit oui
A s'emmêler dans son nuage
Sans prêter gare à ma folie
On a tiré l'alarme
Eclat de rouge, odeur de froid
Qui court à terre, nouant le drame
Derniers sourires... derniers coups bas

Et puis vint la tempête
Sortie tout droit du fond d'un paquet
Qui vomissait ses cigarettes
A emporter jusqu'à l'excès
Imprévu temporel..
Puis l'éternel recommencement
La boucle hideuse, cercle cruel
Qui fait trembler... dernier instant
Et puis plus rien, et puis la fin
Bruit du silence, bouffées d'absence
Mala onda

Si la folie est là je tombe,
si mon coeur sombre je suis noyé
Les facéties des autres mondes
Lacrima del viaje

L'aube a vu rouge,
l'aube sait déjà,
que rien ne bouge
elle t'attendra

 

 

 

 

 

 

 

 

Les épiciers

(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)

 

Quelqu'un est monté sur la scène
pour dire qu'il avait tout perdu
car il est des femmes qu'on aime
et que l'on ne reverra plus
Et puis le nez dans sa misère
à délirer d'un ton haineux
Il fit de ses cris des prières
et puis des mots qui crèvent les yeux

Voici venus les jeux du cirque
On se bouscule au portillon
pour se délecter du tragique
prendre à la gorge le doux bouillon

Frénésie alimentaire
Bourreaux d'un soir
mordant les planches
la catharsis, le coeur à terre
en attendant d'autres dimanches

Et les épiciers salivent
et le petit monde s'oublie
quand la bête cachée attise
l'innocente euphorie
accoucher un instant la tendre obscénité
à voir frapper la pierre qu'on lance au condamné

Tragi-comédie d'un jour,
consommée dans l'empathie
en corrida de faubourg
La collective hystérie
La collective hystérie.

Les gens applaudissent
quand ils ne comprennent pas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On est tout petit

(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)

 

On est tout petit
On saura pas
Mais quand même on se noie

Croire qu'on avance
Voir son enfance
Se traîner derrière soi
Et rester là

Et si on s'accrochait encore
A mal parler la mort
A danser sur du bois
A tourner sur les planches
A regarder la branche
Céder sous son poids
Et rester là

 

Est-ce qu'un seul jour on a grandi
Du coeur ou des bras,
D'un petit bonheur qu'on a construit
Sur les ruines du combat
On reste là

On est tout petit
On saura pas
Mais quand même on se noie

Alors si on s'accrochait encore
A mal parler la mort
A danser sur du bois
A tourner sur les planches
A regarder la branche
Céder sous ton poids
A rester là
On reste là

 

 

 

 

 

 

 

Les orgies silencieuses

(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)

 

Oppression tyrannique
Des orgies silencieuses
Turpitudes économiques
Et scénario chinois

On dirait du bonheur,
Des jeux et puis du pain
Tant pis pour la pudeur
Pourvu qu’on ait du bien

Alors sauvons les meubles
Et les cabriolets
Votons pour l’opulence
Espérons du concret

 

Oppression tyrannique
Des orgies silencieuses
Turpitudes économiques
Et scénario chinois

Et puis l’écho lointain d’un train
Qui ne peut plus partir
Soudé à l’autre rive, accroché à son rêve,
Les sirènes hurlent … avec soin.

Oppression tyrannique
Des orgies silencieuses
Turpitudes économiques
Et scénario chinois

 

 

 

 

 

 

 

Les spirales

(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)

 

Il en est de ces spirales
Qui s’insinuent sourdement
Et vous portent encore tout pâle
Dans les dédales de l’instant

Chevauchant un soupir,
soutirant du néant
Le tout petit empire, ses ébats décadents
A plafonner dans la gouttière à transcender par le bas
Des marmites de courants d’air
Quand parlons nous, à quel moi ?

Il en est de ces spirales
Qui s’insinuent sourdement
Et vous portent encore tout pâle
Dans les dédales de l’instant

Il est des temples qu’on ne soupçonne
Des guerriers de la petite absence
Qui se font roi de nulle part et qui diluent la présence
A saisir jusqu’à l’espoir que le bon vent leur donne
Bravant droit l’infini comme on défie la mort
Sauf que pour cette fois ci
On garderait le corps
En sortant de la route

Il en est de ces spirales
Qui s’insinuent sourdement
Et vous portent encore tout pâle
Dans les dédales de l’instant

Et puis un jour dans la glace se pointe un autre gars
Qui te dit soit tu t’effaces, soit tu finiras comme moi
On aurait pourtant bien voulu, on aurait pourtant tant aimé
Rester là sans bouger à attendre une issue
Et moi dans tout ça qu’est ce qu’il me reste
Ai-je donc toujours l’usage de mes bras
De quel coté tourner ma veste
Quand parlons nous, à quel moi ?

Il en est de ces spirales…

 

 

 

 

 

 

 

Les petites ficelles

(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)

 

Des petites ficelles, des bouts de rien
Une étincelle, dans l’œil de loin
Lui il se tait lui il demande
Quand c’est qu’on est
Qu’est ce qui transcende


Si c’est pas bientôt fini
Et puis quand c’est que ça commence
Si on a tout englouti
De l’espoir, de la souffrance
A crouler sous la blague
A pleurer l’infini
Avec le sentiment vague
Que rien n’avait suffi
Parce qu’on a loupé le train
Parce qu’on avait rien compris
Oui mais vous comprenez bien
Qu’on nous a jamais rien dit

Et puis toi tu lui réponds
Tu lui dis tout ton amour
Comme quand dans un soupçon
On glisserait un secours
T’en a connu des sauve-qui-peut
T’ en a mangé des naufrages
Mais t’y crois encore, tu veux
Réparer un peu l’outrage


On peut trouver de la chaleur
On peut faire des couvertures
Et puis s’enrouler dans les heures
Et s’en aller dans l’ouverture

 

 

 

 

 

 

 

Le p’tit costume

(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)

 

Il a mis son p’tit corps dans un costume
Son p’tit costume dans un métro
Il a mis ses pieds dans des souliers
Qui l’ont conduit jusqu’au bureau


Le petit costume s’est agité, toute la journée
A discuter, à négocier, à serrer des mains par poignées
Lui est resté là à regarder, il a rien vu
Rien que des murs gris qui défilent
Rien que des couloirs en pelotes
Il est peut être même pas descendu du métro
Et ils disaient travailler c’est comme un chapeau
Comme un chapeau


Sans y penser, sans rien demander
Le p’tit costume abandonné
L’a ramené jusqu'à chez lui
Sans douleur et sans ennui
Sans détours et sans envie

Quand était-ce arrivé ?
Il sait même plus il pouvait plus
Une dernière fois il a juré
De plus jamais y retourner
Une dernière fois il a craché
Le p’tit costume est arrivé
Le p’tit costume s’est installé
Et lui est resté là
A regarder filer les couloirs
A vouloir peloter les murs gris
Derrière l’écran tout s’enfuit


Il a mis son petit corps dans un costume
Son petit costume dans un métro
Il a mis ses pieds dans des souliers
Qui l’ont conduit jusqu’au bureau


Mais travailler, travailler c’est comme un chapeau

 

 

 

 

 

 

 

Les écuelles en bois

(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)

 

Il était écrit sur vos lèvres qu’on ne s’en remettrait pas
A qui restera t’il une chaise quand le son s’éteindra


Sortirons-nous du vent de nos grands portefeuilles
Pour éponger le sang de notre mère en deuil
Quand viendra la tourmente, la bien trop bien gagnée
La sortie élégante de la muse abusée


Il était écrit sur vos lèvres qu’on ne s’en remettrait pas
A qui restera t’il une chaise quand le son s’éteindra


Y-aura-t-il des sommets dans cette mer à boire
Qu’on ne saura digérer dans l’immanquable histoire
La bien trop belle idole, le sacro-saint progrès
Le belle qui rigole et lui qui se tait

Dictature de l’image, l’image en pointillés
A vous caresser les yeux à coups de chevrotine
Et tout le monde est la star, la machine est en route
Le cendrier viendra, les écuelles en bois


Que faudra t-il vous vomir sur le coin de la gueule 
Sommes-nous donc tous des lâches, sommes-nous tous en carton
Moi j’ai marqué sur mon visage comment j’ai voulu croire
En ce manteau de chair, en ce manteau d’espoir
Sommes-nous donc somnambules, sommes-nous donc illusion
Qui du puits ou du pendule emportera la raison


Il était écrit sur vos lèvres qu’on ne s’en remettrait pas
A qui restera t’il une chaise quand le son s’éteindra