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Les perruques des
nobles gens
cachent les yeux du monde,
mais font figure en société
car il faut plaire pour rejoindre la ronde
celle des gens bien éduqués
Bien éduqués.
Et les mailles du
grand tissu économique
Qui se resserrent sur ton cou
C'est eux qui tirent et toi
Toi tu paniques
En regardant d'en dessous
Et ils s'habillent
d'arrogance, de mensonge et de vanité
Ceux qui portent avec élégance le masque de la
volupté
Mais un jour les masques tomberont
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Oh cette plante volubile
Qui bouffe son hôte avec mépris
Parade en belle automobile sur les chemins de la folie
Et tous les autres auront perdu
Dans la grande course au pognon
L'arbitre a fini pendu pour avoir eu de la compassion
de la compassion
Et psychose décadente d'un monde en
liesse
Mais on leur donne raison
Car l'air de tirer sur la laisse
Sonne le glas des transactions
Car quand arrivera la grande faucheuse,
Nous on aura de quoi passer l'hiver
Mais eux pour souffler la veilleuse
Seront toujours nus comme un vers
Nus comme un vers
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on n'est jamais beau
tout seul plus d'un instant
(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)
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Et tombent et tombent et tombent les
révolutionnaires
il faut produire du mouton
On conditionne jusqu'à notre air
en nous faisant bouffer du feuilleton.
Et tous ces tarés qui mourraient
plutôt que de baisser leurs étendards
Peuple croulant sous ses méfaits qui
préfère vivre comme les cafards
De toute façon je ne sais plus lire je regarde plus que les
images des mots
Tous les héros finissent par mourir d'un coup de pognon d'un
coup dans le dos
Vivez vos vies dans des cachots ne sortez pas il y
a la guerre,
il faut bien tailler des barrières les mots de faim...
grouillent sans troupeau
Mais tout ça n'est qu'une nature morte ils nous l'ont dit
à la télé
Dans les nouvelles qu'on nous rapporte
De nos pillards civilisés
Un troupeau de polichinelles activés
avec frénésie
Sémaphores du Père Noël et des fleurons
de la patrie
Amoureux par intérim et intermittents du cardiaque
Moi j'avance entre les mines
et en trois temps... mon coeur claque
et en trois temps mon coeur claque.
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Ecorchés de rouge à
lèvre
Aveuglés par l'ambition
Arrachés par la fièvre
Et toxicos du bifton
Hypocrites-et-condriaques
du grand marché à la viande
Les gros plans les petites arnaques
Ca fait vivre de Cassis jusqu'en Flandres
Et puis un jour y'a ces deux-la
Qui se tiennent la main maladroitement
Elle elle est moche lui il est gras
Ils ont fait rire tous les braves gens
Leur révolution à eux deux
C'est d'être un jour devenus beaux
Ils étaient personne ils sont heureux
A respirer sans ego
Ils étaient des sourds-muets ils étaient trois
petits points
A accepter d'être laids ils sont devenus quelqu'un
Quelqu'un, quelqu'un, quelqu'un, trois petits points
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Les marmots
(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)
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Entendre le bruit de
la ville,
qui gratte au fond d'un bois
Et la lune qui scintille,
rouge des nuées d'ici bas
Comme une larme sur
le visage du monde
Comme une clope qui te brûle le bout des doigts
Comme un matin tremblant sous l'onde
Comme une blessure qui ne refermera pas
Des marmots qui
dessinent, dessinent,
dessinent des avions, des soldats
Des soldats qui déciment, déciment,
déciment les rêves d'ici bas
La haine et le feu
qui grondent
Pour se protéger d'en bas
Comme la douceur de l'immonde
Comme la chaleur de l'effroi
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Et le divin capital
qui vient cautériser
les derniers recoins sales,
tachés d'humanité
Et le divin capital
qui vient cautériser
les derniers recoins sales,
tachés d'humanité
Car elle est
fière la grande maladie occidentale
quand elle s'en va vomir sa graisse et son pognon
ça vend du vice, du béton, de la grisaille
Pour alimenter jour à jour...
Le feu des canons
Des marmots qui
dessinent, dessinent,
dessinent des avions, des soldats
Des soldats qui déciment, déciment,
déciment les rêves d'ici bas
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L'araignée
(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)
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Le soleil enfin
levé,
l'araignée
que j'ai au plafond
se remet à me porter la poisse
J'allume un clope,
une enveloppe,
je pense comme un con
et revoilà,
revoilà l'angoisse
Quand tu penses qu'il
y a des gens
qui ne pensent pas ou même qui pensent
qu'on peut penser devant la télé
en bouffant la décadence
Etouffés,
tous gavés de l'impudeur
de quelques marchands d'horreur,
qui pour tout, sur tout n'ont qu'un avis,
celui de la tune et puis de la tyrannie
que meurent encore en Palestine
des enfants qui jettent des pierres,
qu'ont pas fait la bonne prière
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On a jeté
l'amour à une meute de chiens affamés,
la liberté est morte sous la plume d'un boucher
mais bien sur tout ça ne se voit pas,
l'imbécile comme l'apôtre ne regardent que le
doigt
Et puis que faire de
la guerre,
des tueries de la misère,
des curés ventripotents
qui aimaient bien les petits enfants
Quand tu penses,
Que ces gens là
Ils sont pas plus mal que toi,
Qu'ils sont même plutôt mieux
parce qu'ils pensent
qu'ils sont heureux
Quand tu penses
qu'ils écoutent,
sans seulement que leurs coeurs doutent,
De petites bossa glacées,
sans se sentir concernés.
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Lacrima del viaje
(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)
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A guetter patiemment
L'écroulement imminent
Du délicat décor
Entre tes doigts la page
Qui ne sait pas s'il est sage
que tu la tournes encore
A plus trop bien savoir
où commence le nuage
et où finit la fumée
Les démons les scandales
La jungle qui s'installe
Lacrima del viaje
Si la folie est
là je tombe,
si mon coeur sombre je suis noyé
Les facéties des autres mondes
Lacrima del viaje
Fallait-il croire
à ton présage
La lune menteuse aurait dit oui
A s'emmêler dans son nuage
Sans prêter gare à ma folie
On a tiré l'alarme
Eclat de rouge, odeur de froid
Qui court à terre, nouant le drame
Derniers sourires... derniers coups bas
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Et puis vint la
tempête
Sortie tout droit du fond d'un paquet
Qui vomissait ses cigarettes
A emporter jusqu'à l'excès
Imprévu temporel..
Puis l'éternel recommencement
La boucle hideuse, cercle cruel
Qui fait trembler... dernier instant
Et puis plus rien, et puis la fin
Bruit du silence, bouffées d'absence
Mala onda
Si la folie est
là je tombe,
si mon coeur sombre je suis noyé
Les facéties des autres mondes
Lacrima del viaje
L'aube a vu rouge,
l'aube sait déjà,
que rien ne bouge
elle t'attendra
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Les épiciers
(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)
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Quelqu'un est
monté sur la scène
pour dire qu'il avait tout perdu
car il est des femmes qu'on aime
et que l'on ne reverra plus
Et puis le nez dans sa misère
à délirer d'un ton haineux
Il fit de ses cris des prières
et puis des mots qui crèvent les yeux
Voici venus les jeux du cirque
On se bouscule au portillon
pour se délecter du tragique
prendre à la gorge le doux bouillon
Frénésie
alimentaire
Bourreaux d'un soir
mordant les planches
la catharsis, le coeur à terre
en attendant d'autres dimanches
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Et les
épiciers salivent
et le petit monde s'oublie
quand la bête cachée attise
l'innocente euphorie
accoucher un instant la tendre obscénité
à voir frapper la pierre qu'on lance au condamné
Tragi-comédie
d'un jour,
consommée dans l'empathie
en corrida de faubourg
La collective hystérie
La collective hystérie.
Les gens applaudissent
quand ils ne comprennent pas
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On est tout petit
(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)
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On est tout petit
On saura pas
Mais quand même on se noie
Croire qu'on avance
Voir son enfance
Se traîner derrière soi
Et rester là
Et
si on s'accrochait encore
A mal parler la mort
A danser sur du bois
A tourner sur les planches
A regarder la branche
Céder sous son poids
Et rester là
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Est-ce qu'un seul
jour on a grandi
Du coeur ou des bras,
D'un petit bonheur qu'on a construit
Sur les ruines du combat
On reste là
On est tout petit
On saura pas
Mais quand même on se noie
Alors si on
s'accrochait encore
A mal parler la mort
A danser sur du bois
A tourner sur les planches
A regarder la branche
Céder sous ton poids
A rester là
On reste là
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Les orgies silencieuses
(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)
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Oppression tyrannique
Des orgies silencieuses
Turpitudes économiques
Et scénario chinois
On dirait du bonheur,
Des jeux et puis du pain
Tant pis pour la pudeur
Pourvu qu’on ait du bien
Alors sauvons les meubles
Et les cabriolets
Votons pour l’opulence
Espérons du concret
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Oppression tyrannique
Des orgies silencieuses
Turpitudes économiques
Et scénario chinois
Et puis l’écho lointain d’un train
Qui ne peut plus partir
Soudé à l’autre rive,
accroché à son rêve,
Les sirènes hurlent … avec soin.
Oppression tyrannique
Des orgies silencieuses
Turpitudes économiques
Et scénario chinois
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Les spirales
(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)
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Il en est de ces spirales
Qui s’insinuent sourdement
Et vous portent encore tout pâle
Dans les dédales de l’instant
Chevauchant un soupir,
soutirant du néant
Le tout petit empire, ses ébats décadents
A plafonner dans la gouttière à transcender par
le
bas
Des marmites de courants d’air
Quand parlons nous, à quel moi ?
Il en est de ces spirales
Qui s’insinuent sourdement
Et vous portent encore tout pâle
Dans les dédales de l’instant
Il est des temples qu’on ne soupçonne
Des guerriers de la petite absence
Qui se font roi de nulle part et qui diluent la présence
A saisir jusqu’à l’espoir que le bon
vent
leur donne
Bravant droit l’infini comme on défie la mort
Sauf que pour cette fois ci
On garderait le corps
En sortant de la route
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Il en est de ces spirales
Qui s’insinuent sourdement
Et vous portent encore tout pâle
Dans les dédales de l’instant
Et puis un jour dans la glace se pointe un autre gars
Qui te dit soit tu t’effaces, soit tu finiras comme moi
On aurait pourtant bien voulu, on aurait pourtant tant aimé
Rester là sans bouger à attendre une issue
Et moi dans tout ça qu’est ce qu’il me
reste
Ai-je donc toujours l’usage de mes bras
De quel coté tourner ma veste
Quand parlons nous, à quel moi ?
Il en est de ces spirales…
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Les petites ficelles
(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)
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Des petites ficelles, des
bouts de rien
Une étincelle,
dans l’œil de
loin
Lui il se tait lui il
demande
Quand c’est
qu’on est
Qu’est ce qui
transcende
Si c’est pas
bientôt fini
Et puis quand
c’est que ça
commence
Si on a tout englouti
De l’espoir, de
la souffrance
A crouler sous la blague
A pleurer l’infini
Avec le sentiment vague
Que rien n’avait
suffi
Parce qu’on a
loupé le train
Parce qu’on avait
rien compris
Oui mais vous comprenez bien
Qu’on nous a
jamais rien dit
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Et puis toi tu lui
réponds
Tu lui dis tout ton amour
Comme quand dans un
soupçon
On glisserait un secours
T’en a connu des
sauve-qui-peut
T’ en a
mangé des
naufrages
Mais t’y crois
encore, tu veux
Réparer un peu
l’outrage
On peut trouver de la
chaleur
On peut faire des
couvertures
Et puis
s’enrouler dans les heures
Et s’en aller
dans l’ouverture
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Le p’tit costume
(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)
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Il a mis son
p’tit corps dans un
costume
Son p’tit costume
dans un métro
Il a mis ses pieds dans des
souliers
Qui l’ont conduit
jusqu’au bureau
Le petit costume
s’est agité,
toute la journée
A discuter, à
négocier, à
serrer des mains par poignées
Lui est resté
là à
regarder, il a rien vu
Rien que des murs gris qui
défilent
Rien que des couloirs en
pelotes
Il est peut être
même pas
descendu du métro
Et ils disaient travailler
c’est
comme un chapeau
Comme un chapeau
Sans y penser, sans rien
demander
Le p’tit costume
abandonné
L’a
ramené jusqu'à chez
lui
Sans douleur et sans ennui
Sans détours et
sans envie
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Quand était-ce
arrivé ?
Il sait même plus
il pouvait plus
Une dernière
fois il a juré
De plus jamais y retourner
Une dernière
fois il a craché
Le p’tit costume
est arrivé
Le p’tit costume
s’est installé
Et lui est resté
là
A regarder filer les
couloirs
A vouloir peloter les murs
gris
Derrière
l’écran tout
s’enfuit
Il a mis son petit corps
dans un
costume
Son petit costume dans un
métro
Il a mis ses pieds dans des
souliers
Qui l’ont conduit
jusqu’au bureau
Mais travailler, travailler
c’est
comme un chapeau
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Les écuelles en bois
(Robert Spline / Spline et la mauvaise herbe)
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Il était
écrit sur vos
lèvres qu’on ne s’en remettrait pas
A qui restera
t’il une chaise quand
le son s’éteindra
Sortirons-nous du vent de
nos grands
portefeuilles
Pour éponger le
sang de notre
mère en deuil
Quand viendra la tourmente,
la bien
trop bien gagnée
La sortie
élégante de la
muse abusée
Il était
écrit sur vos
lèvres qu’on ne s’en remettrait pas
A qui restera
t’il une chaise quand
le son s’éteindra
Y-aura-t-il des sommets
dans cette mer
à boire
Qu’on ne saura
digérer dans
l’immanquable histoire
La bien trop belle idole,
le
sacro-saint progrès
Le belle qui rigole et lui
qui se tait
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Dictature de
l’image, l’image en
pointillés
A vous caresser les yeux
à coups
de chevrotine
Et tout le monde est la
star, la
machine est en route
Le cendrier viendra, les
écuelles
en bois
Que faudra t-il vous
vomir sur le
coin de la gueule
Sommes-nous donc tous des
lâches,
sommes-nous tous en carton
Moi j’ai
marqué sur mon visage
comment j’ai voulu croire
En ce manteau de chair, en
ce manteau
d’espoir
Sommes-nous donc
somnambules,
sommes-nous donc illusion
Qui du puits ou du pendule
emportera la
raison
Il était
écrit sur vos
lèvres qu’on ne s’en remettrait pas
A qui restera
t’il une chaise quand
le son s’éteindra
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